Les flottes aux trésors
L'expression «Carrera de Indias» (littéralement «la route des Indes») est généralement traduite en français de l'époque par «Commerce des Indes». C'est le commerce entre l'Espagne, et par extension de tous les pays d'Europe, avec l'Amérique, le meilleur de l'Amérique, soit le Mexique et surtout le Pérou. La Carrera de Indias a pour point de sortie et d'entrée une ville, Séville, port de mer d'Andalousie d'où sont parties d'ailleurs les premières expéditions de Colomb. Séville est alors la véritable capitale maritime et commerciale de l'empire espagnol, et probablement aussi de toute l'Europe. Lire la suite...
plan de Cartagena
Le premier système de convoi apparaît très tôt, organisé dès 1537 pour contrer la menace des corsaires français. À l'origine, la flotte des Indes occidentales, composée de six navires de guerre et d'une vingtaine de marchands, allait annuellement à Nombre de Dios (côte caraïbe de Panama) charger les trésors du Pérou. Ensuite elle passait à Cartagena pour prendre l'or et les émeraudes provenant de l'intérieur du pays ainsi que les perles de l'île Margarita, dont l'importance, comme on l'a vu, diminuera en faveur des centres de Rio de La Hacha et La Rancheria au siècle suivant. Finalement, à La Havane, elle rejoignait les navires venant de
De plus, et ce durant presque toute la période coloniale, la couronne espagnole permit à un certain nombre de navires marchands, les «sueltos», de voyager annuellement vers l'Amérique, par licences spéciales délivrées par
Au milieu de XVIe siècle, lorsque des galions de fort tonnage (300 à 1000 tonneaux) entrèrent en service et remplacèrent les naos, le système des convois fut réorganisé. Lorsque les attaques des corsaires devinrent plus fréquentes, Deux flottes furent alors envoyées par année en Amérique. Chacune d'elles était composée de quatre galions lourdement armés, de deux pataches de 80 tonneaux servant de barques d'avis et, selon l'endroit où elle se trouvait, de dix à quatre-vingt-dix naos. Chaque flotte était commandée par un capitaine général assisté d'un amiral, toutes charges vénales que les titulaires devaient acheter à

par Baptista Boazio
1588
Textes de Raynald Laprise.