À la grosse aventure (1492-1622)
À l'origine de la flibuste, il y eut le commerce, la volonté des nations européennes à trouver une nouvelle voie à destination des Indes et de ses richesses: or, soie, épices et pierres précieuses. Déjà, dans les premières décennies du XVe siècle, sous l'impulsion de l'un des fils du roi, le prince Enrique, le Portugal avait entrepris l'exploration des côtes occidentales de l'Afrique et probablement aussi du Brésil. Mais le passage vers les Indes par le cap de Bonne Espérance, à l'extrémité sud du continent africain, n'allait être emprunté, pour la première fois par des Européens, qu'à la toute fin du siècle, vers le même moment où un navigateur d'origine génoise, qui avait naguère servi le Portugal, venait de «découvrir les Indes» en traversant l'Atlantique vers l'ouest.Lire la suite...
La découverte des Indes occidentales (les futures Amériques), baptisées ainsi par opposition aux Indes orientales (les Indes véritables), désappointa d'abord les promoteurs de l'entreprise, les souverains des royaumes de Castille et d'Aragon, rivaux commerciaux immédiats des Portugais. Ces nouvelles terres, ou plutôt îles, découvertes par le Génois Cristóbal Colón (Christophe Colomb), étaient pauvres et les populations qui y vivaient étaient fort primitives au goût des nouveaux venus. Il y avait certes un peu d'or, mais rien pour remplir les coffres de la Couronne, juste assez pour les Castillans qui colonisèrent peu à peu les plus importantes de ces îles (Hispaniola, Cuba, Jamaica et Puerto Rico), dont ils asservirent les habitants. À partir de ces bases des Grandes Antilles, les Castillans lançèrent toutefois lancer des expéditions de reconnaissance le long du littoral de l'Amérique centrale. L'une d'entre elles menée par Hernan Cortés conduit, au début des années 1520, à la conquête du puissant et prospère royaume des Aztèques. À la suite du Mexique, les Castillans se rendirent maîtres de toute l'Amérique centrale, du Mexique jusqu'au Venezuela. La conquête du Pérou et du Chili, suivant une vingtaine d'années plus tard celle du Mexique, rapporta encore plus d'or, et surtout d'argent, que
Textes de Raynald Laprise.